Bouygues m’a tuer… [Drame en trois actes]

Préambule :

Avant, j’étais marida avec un Bac+5 qui louait son cerveau au leader mondial de l’informatique/téléphonie et tous ces trucs chiants. Je te parle d’un temps que les moins de vingt ans tsétéra.

Avant, j’étais une belle amazone filant comme le vent, dans les steppes infinies du 1.0, chevauchant fièrement mon tout petit modem 512k (Wonder Woman sur un poney shetland, you see the picture ?) (vert, le poney).

C’était du temps où l’ADSL était encore dans les couilles de Bill Gates.

ça faisait donc presque 15 ans qu’on partageait nos nuits blanches, le petit modem et moi, on s’était habitués l’un à l’ autre, jamais un reproche, jamais un mot plus haut que l’autre (même quand je m’étais trompée de transfo et que je lui avais mis le double de voltage dans le quiou pendant 15 jours, c’est dire…). De temps en temps je lui rendais ses petits clins d’oeil complices et verts fluorescent, on vivait dans une félicité cordiale, on était bien.

Avant, il se passait plein de choses horribles quand on se faisait dégrouper sa ligne téléphonique, c’était d’ailleurs ce qui justifiait le salaire de Monsieur Connard, et les appointements pharaoniques de ceux qui le dirigeaient tant bien que mal.

C’était avant.

 

- Acte 1 -

Ayant reçu une fois de plus une lettre de Dame France de Télécom me réclamant l’équivalent d’un salaire annuel thaïlandais, attendant celle de son cousin Bigre de Télécom pour les jours qui suivent, je me dis que si ça continue faudra que ça cesse.

- Cousin Bigre, il serait nettement urbain de ta part de me faire une offre raisonnable pour que je puisse téléphoner, cavaler sur le Ternet et avoir autre chose à ouatcher que “Très-Très-Chasse” quand j’arrive pas à dormir la nuit.

- T’en fais pas cocotte, je t’envoie ça sur le champ, qu’il me dit.

Et qu’il fait.

 

- Acte 2 -

Le Cousin Bigre m’a dit de ne surtout rien toucher et d’attendre sagement son message pour commencer à foutre le bordel brancher le biniou. C’est dire s’il me connaît bien… Entretemps la cousine France, un peu fâchée tout de même, me dit que désormais si je ne peux plus appeler Brenda, Kévina, DSK, ni personne sur ma ligne fixe, elle s’en Ponce Pilate les mains, que je crèverai  seule et abandonnée de tous et que c’est bien fait pour maggle.

Et qu’en plusse en plusse, puisque je n’avais plus de ligne du tout, je ne pouvais plus faire ma pétasse sur le Ternet, alaaaaar….Le petit modem, lui, boudait dans son coin.

Ranafoute, spice di counass’, la conchié-je (et j’en profitai pour ouvrir un autre blog).

Les semaines passèrent, les feuilles commencèrent à se ramasser à la pelle, on commémora l’attentat du WTC, le facétieux Cousin Bigre choisit ce jour-là pour m’envoyer le message me demandant d’ouvrir le colis et d’appuyer sur le bouton rouge. 

Par e-mail, le message. L’est un peu con, lui, je crois.

 

[Dans le prochain épisode, ami lecteur : déjà Noël, des bières, de la sueur et des larmes...]

 

- Pamelita da Killa, groupie dégroupée –